Exsurgence de la Tuilède
|
Commune de Rogues (30) Carte
IGN 1/25000 2642 EST "Blandas" X=697,77
Y=173,77 Z=253m Coordonnées GPS :
N 43°51.473’ E003°33.346’ Développement: 2652 m, Dénivellation:
104 m (+39, -65)
|
|
Mise
à jour : RB 3 nov. 2019
Situation
Les gorges de la Vis recèlent bien des
joyaux souterrains aux eaux translucides, à la roche claire, au caractère
impétueux. La Tuilède est de ceux-là. Elle est la plus en aval des trois
sources du delta souterrain des eaux de l’aven de Rogues, cavité majeure du
Causse de Blandas. A ce titre, elle a suscité l’intérêt de quasiment toutes les
générations de spéléologues et de plongeurs souterrains depuis sa découverte.
Historique
|
Félix MAZAURIC (1904 et 1908) évoque
une "source de Madières" qui serait distincte de la Tuilède. 1932 : Robert de Joly atteint le
premier siphon 1948 – 1950 : Le SC Montpellier
profite des sècheresses estivales pour progresser jusqu’au siphon 4,
moyennant le franchissement d’une voute en apnée (Henri Lombard). 1968-1970 : Le SCM convie le
GEPS de Marseille à plonger. Le S.4 est exploré jusqu’à -15. 1974-1980 : Le GERSAM et le CRPS
provence reprennent les plongées. (P. Penez et F. Vergier) 1981-1982 : les plongeurs des
Darboun et Ragaie (84) prolongent l’exploration jusqu’à -50 dans le S.9. (JC
Chouquet, P. Penez et F. Vergier) 1989-90 : LE GERSAM met à profit
les sècheresses estivales pour progresser, par des fractures supérieures
jusqu’au S.5. Le S.5 bis est découvert à cette occasion. 1990-1991 : l’Association
Celadon plonge le S.5bis (200m ;-39), explore plusieurs sorties dans le
S.4. et topographie, par les siphons, jusqu’au S.9. (F. Vasseur, C. Bagarre,
F. Poggia) 1991 : le CRPS (13) prolonge le
S.9 de 75m. (F. Bernard) 1992 : L’association Celadon
organise la pointe de F.Poggia dans le S.9, qu’il porte à 430m en 1993. 1993-1998 : le Gersam
topographie les galeries supérieures et progresse jusqu’aux sorties latérales
du S.4. 2011 – 2019 : série
d’explorations par Plongeesout : topographies, recherche de la suite du
réseau dans le S9 et le S5 bis (voir article de F. Vasseur ci-joint) |
Vénérable croquis d’exploration |
Description
Le S.1
(75m;-11) tectonisé, débute par beau volume avant d’évoluer en fracture. On
enchaîne le S.2 (25m;-5) avant d'émerger dans la salle LOMBARD, qui shunte le
S.3 (10m;-2) par un passage supérieur. Le S.4 (120m;-14) plonge directement à
-14 (3x4m), avec plusieurs possibilités de progression. En rive droite, à 65,75
et 90m des diaclases émergent dans le réseau de galeries exondées supérieures
qui se superposent aux siphons jusqu'au S.5. En rive gauche, trois départs à
70, 105 et 115m rejoignent une branche exondée remontante et argileuse longue
de 120m, arrêt sur diaclase étroite. Le quatrième siphon développe 305m pour
-19 de profondeur et comprend 7 sorties, vasque de départ exceptée. En sortie
du S.4 150m de galerie latérale, accessible au prix d'une courte escalade présentant
conduits bas, R.8 et parcours labyrinthique, rejoint le S.5 bis (200m;-36) qui
plonge régulièrement à -36, puis remonte dans une superbe fracture prolongée en
hauteur au-delà du plan d'eau de sortie.
Revenu
à la sortie du S.4, 160m de parcours accidenté rejoignent le S.5 (31m;-4) puis
12m de lac précèdent ensuite le S.6 (30m;-4) de belles dimensions.
On
grimpe alors dans une fracture fortement remontante, puis une salle chaotique
marque une nette descente vers le ressaut vertical (8m) plongeant directement
dans le S.8 (20m;-3), superbe tube aux parois claires. 20m de galerie active
rallient le S.9 (430m;-50). Une belle vasque sableuse plonge régulièrement par
une diaclase à -50, se prolonge sur 80m à cette profondeur avec une allure
méandriforme, surcreusée et hérissée de lames d'érosion. Au terme d'une
remontée progressive à -36 (220m), le conduit plonge à -40 durant 130m pour
buter sur une trémie (-39). Sur la droite, un méat infranchissable permet
d'entrevoir le conduit spacieux qui se développe ensuite. 30m avant cet
obstacle, une cheminée contourne l'obstacle et se prolonge sur 110m avec un
point haut à -25. Des passages ponctuellement étroits caractérisés par la
présence de dépôts sableux se succèdent jusqu'à 430m, arrêt sur rien à -35.